Accueil du site > Actualités > Actualités Logistiques > Aeroports > Bâle-mulhouse voit son trafic stagner en 2011
publié le : 09-02-2012

Le recul de l’activité fret sur l’aéroport de Bâle-Mulhouse en 2011 s’explique par la fermeture de la piste principale aux gros porteurs pendant deux mois à la fin du printemps, ainsi que par une conjoncture moins favorable : "outre l’impact consécutif aux travaux de réfection de la piste principale, l’insécurité autour de l’euro et l’impact d’un franc suisse fort mettant en péril les exportations suisses, ont conduit à une baisse du fret", explique Jürg Rämi, le directeur de l’Euroairport. En effet, deux-tiers des produits exportés via l’aéroport binational (produits pharmaceutiques, pièces détachées automobiles, produits chimiques, etc.) proviennent de Suisse.

Dans le détail, le fret tout cargo opéré par les compagnies MASKargo et Korean Air a reculé de 32% (8 700 tonnes) en 2011, tandis que le fret camionné a stagné à 62 000 tonnes (-2%). De son côté, le fret express continue sa progression régulière avec une hausse de 6% (32 000 tonnes) sur 2011, et une progression d’un tiers depuis 2005.


Une nouvelle gare de fret

Afin de mieux répondre aux attentes des clients de l’Euroairport et notamment de l’industrie pharmaceutique, le conseil d’administration a validé l’aménagement d’une gare de fret de 18 000 m². Un investissement de 40 millions d’euros destiné à remplacer la halle existante, construite au fil des ans et devenue difficile à moderniser. Or les produits pharmaceutiques requièrent des hangars à température contrôlée entre 15 et 25°C toute l’année.

Concrètement, les travaux devraient démarrer à l’été 2012. Géré par un établissement franco-suisse, la plate-forme de Bâle-Mulhouse a pu réaliser cet investissement en autofinancement grâce à la réduction de son endettement au cours des dernières années. En 2010, il a diminué de 5,9 millions d’euros pour atteindre 93,6 millions d’euros.


Un imbroglio juridique

Mais la création de 900 emplois attendue à moyen terme grâce à cet investissement nécessite une clarification du droit social applicable aux entreprises suisses. "La majorité des entreprises de fret demeurent des entreprises suisses. C’est pourquoi, nous devons donc clarifier leur situation juridique sur la plate-forme. En effet, les business plans ont été établis selon le droit social et fiscal suisse", poursuit le directeur de l’Euroairport.

Or la convention franco-suisse de 1949 qui a créé l’Euroairport prévoit que c’est le droit français qui s’applique sur toute la zone sauf dérogation expresse. Et deux jugements prononcés ces deux dernières années par des juridictions françaises en matière de droit social et de fiscalité l’ont récemment rappelé. Une clarification apparaît donc indispensable pour que le deuxième aéroport de fret en Suisse et troisième en France puisse poursuivre son développement.