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publié le : 30-04-2011

L’intreprofession du port de Concarneau regroupe 45 entreprises spécialisées dans la construction, l’armement, la réparation et l’avitaillement de navires de tous types. Au premier rang d’entre elles, le groupe Piriou, qui emploie à lui seul 250 des 1000 personnes qui travaillent dans le secteur naval à Concarneau. « Historiquement, l’activité principale a toujours été la pêche. D’abord avec la pêche à la sardine puis la pêche hauturière et l’activité de conserverie qui en a découlé. L’activité de réparation navale était surtout consacrée aux bateaux de pêche et dès 1925, l’arrière-port a été aménagé pour recalfater », rappelle Bruno Rouyer, le président de l’interprofession. Mais, 80 ans plus tard, l’économie du port de Concarneau a changé. La pêche a décliné, la débarque des bateaux hauturiers s’élève à 8000 tonnes, celle des côtiers avoisine les 3000 tonnes, « alors que notre criée a été dimensionnée, à l’époque, pour 30 000 tonnes », constate Bruno Rouyer. « Les bateaux de plaisance ont peu à peu remplacé les bateaux de pêche autour de la ville close. Face à ce déclin de la pêche, qui entraîne également celui de l’industrie sous-traitante, il nous a fallu réagir ». Dans les années 90, les industries navales de Concarneau se sont donc réunies en une interprofession pour aborder les marchés de la construction et de la réparation navale au sens large.


Le port de Concarneau (© : IPC)

De la pêche thonière aux bateaux offshores de Bourbon

« Nous avons vite compris que pour nous placer sur ce marché, il fallait y mettre des moyens techniques. En 1997, nous avons donc crée la société d’exploitation des moyens de carénage (Semcar), qui assure la gestion des trois engins du port : cale sèche, slipway de 400 tonnes et élévateur à bateau de 2000 tonnes ». L’IPC a même financé une partie de l’outil principal, la cale sèche de 125 mètres de long sur 27 de large, « sans lequel il n’y aurait actuellement pas de construction ou de réparation navale ici ». Progressivement, derrière la locomotive Piriou, le port de Concarneau se place sur le marché de la construction, sur un segment diversifié allant des navires de servitude offshore de Bourbon au yacht de luxe de JFA. Sur le marché de la réparation, en plus de chantiers de petits navires de commerce, les Concarnois remportent plusieurs marchés de MCO (maintien en condition opérationnelle) de la Marine nationale. « Nous avons négocié le virage. Concarneau reste un port de pêche, en particulier sur l’activité thonière, mais le poids des autres activités tend à se renforcer. L’emploi direct dans la construction et la réparation navales représente 33% de la totalité des emplois du port, devant la pêche (28%) et le commerce tertiaire (21%). L’activité représente 115 millions d’euros de chiffre d’affaires. »

Des contraintes environnementales et de voisinage

Mais, comme de nombreuses places portuaires historiques, Concarneau doit conjuguer la poursuite de sa croissance avec des contraintes environnementales pas toujours évidentes à gérer quand la zone portuaire est incluse au sein de la ville. « Il nous faut à la fois réorganiser le port pour optimiser l’espace existant et moderniser nos moyens pour répondre aux réglementations existantes et à venir, en particulier la loi sur l’eau qui va entrer en vigueur en 2013 ». Concilier une activité industrielle lourde dans un territoire enclavé, c’est compliqué. Projection de peintures, bruit, rejet d’effluents, le tout à quelques mètres du site classé de la ville close et de zone résidentielle, les riverains s’inquiètent. Les industriels veulent montrer leur bonne volonté. « Nous nous sommes engagés dans une démarche de développement durable, et pas parce que c’est à la mode, mais parce que cela répond à une demande de nos clients, qui nous demandent des dispositifs de contrôle de qualité tout au long de la chaîne de construction et de réparation.Traitement des déchets, peintures... Les clients, à l’image de Bourbon ou de la Marine nationale posent des exigences à tous les niveaux » constate Pascal Piriou, patron du groupe Piriou. Pour satisfaire à ces demandes et pour cohabiter avec les autres usagers du port, les entreprises de l’IPC ont investi. Tous les bâtiments ont été isolés phoniquement, une haie a été planté derrière les chantiers Piriou et il n’y a pas de travail la nuit. La cale sèche est la seule en France à avoir été classée pour la protection de l’environnement. Un bâtiment de sablage de 700 m2 a été financé par la SAEN, une des entreprises de peinture de la place, pour limiter la diffusion des poussières, qui y sont récupérées et traitées.


Réaménagement des quais, modernisation des infrastructures et dragage du bassin

Mais ce n’est pas fini. Les autres installations de levage, en particulier le slipway, commencent à sérieusement vieillir et ne répondront bientôt plus aux normes environnementales, en particulier au niveau des rejets. Un comité de pilotage a été lancé par le Conseil Général du Finistère, propriétaire des installations. Cette étude doit définir le schéma d’aménagement et de développement du port de Concarneau. De nouveaux investissements pour la modernisation ont été annoncés. Le coût des travaux de mise en conformité des engins serait supérieur à 2 millions d’euros. Le financement pourrait être multipartite, la CCI de Concarneau cherchant à obtenir l’appui financier du département, de la région et du fonds européen pour la pêche. « Nous devons attendre ces financements. Le dialogue avec la CCI et le Conseil Général se passe très bien. Mais ce dernier ne peut pas faire de miracle, il vient de faire 12 millions d’euros d’investissements sur le port de Saint-Guénolé et 17 millions sur celui du Guilvinec. Nous sommes les suivants », constate Bruno Rouyer.Les projets actuels portent, outre le futur réaménagement des quais et la modernisation des infrastructures, sur le dragage partiel du bassin du Moros. Celui-ci sera engagé dès le mois de juillet pour accueillir des navires modernes. Le chantier s’élevera à 1.1 million d’euros.