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publié le : 29-06-2011

« Ce nouveau produit de logistique urbaine est sans équivalent. Il y aura un avant et un après » a lancé hier Guillaume Pepy, le Président de la SNCF lors de la conférence d’inauguration de Distripolis, en présence de Nathalie Kosciusko-Morizet, Ministre du Développement Durable, des Transports et du Logement, de Christian Sautter, adjoint au Maire de Paris, et de Pierre Blayau, Directeur Général de SNCF Geodis. Sous cette marque, un solide dispositif de logistique urbaine du dernier kilomètre qui démarre sur Paris avant de s’étendre à une trentaine de villes en France (les premières sur la liste sont Lille, Bordeaux et Strasbourg). Avec un quadruple objectif annoncé : « réduction des émissions de CO2, diminution des nuisances sonores, baisse du trafic camions et augmentation de la qualité de vie des salariés du secteur ». Dans la capitale, la plate-forme Geodis de Bercy, livrée tôt le matin par camions complets et train, mutualise les flux des différents réseaux du groupe (Geodis Calberson, France Express et Geodis Ciblex). Les colis et palettes de plus de 200 kg sont livrés en camions à la norme Euro 5 (à terme Euro 6 et hybrides). Les autres transiteront par un nouveau maillon logistique, les Bases Logistiques Urbaines Ecologiques (BLUE), approvisionnées trois à quatre fois par jour par des véhicules PTAC supérieur à 12 t aux normes Euro 5. En 2015, les BLUE seront au nombre de huit : les deux premières sont déjà ouvertes à Bercy et à la Gare Montparnasse, quatre autres devraient suivre en 2012-2014 (Gare du Nord, Saint Lazare, les Halles et Foch), les deux dernières sont attendues en 2014-2015 (Quartier Latin et gare de l’Est). A partir de ces bases BLUE (de 200 à 300 m2), les livraisons seront effectuées en véhicules propres dotés de transpalettes électriques silencieux, par des équipes fonctionnant en 2x8. Impact environnemental dès 2011 : une réduction de 365 t équivalent CO2, soit une baisse de 18% par rapport à l’activité actuelle de Geodis dans Paris. 
« Tout SNCF Geodis est derrière le projet. Ce n’est pas habituel qu’un camion porte la marque SNCF, mais cela souligne notre engagement dans la mobilité des marchandises vertueuse » lance Guillaume Pepy. Sur le dernier kilomètre, il y a deux sortes de véhicules : des triporteurs à assistance électrique (Geodis en a commandé une centaine pour 2011-2015), d’une charge utile 180 kg, et des véhicules électriques légers (PTC de 3,5 t) de 20 m3, d’une capacité d’une tonne, avec une vitesse maxi de 90 km/h, et 105 à 150 km d’autonomie. Baptisés Electron, ces engins ont été développés en partenariat avec Fraikin et Fiat (sur une base de camping-car). Le démontage du moteur thermique, la mise en place des batteries et du moteur électrique s’effectue chez Gruau. « Les machines sont montées en France, ça me va bien » a noté Nathalie Kosciusko-Morizet après avoir constaté que l’arrivée de Geodis allait « donner sans aucun doute une échelle beaucoup plus importante à ces projets » de logistique urbaine. Geodis a signé avec Fraikin pour la location longue durée de 88 de ces engins, qui seront livrés entre aujourd’hui et fin juin 2012. Il dispose déjà d’une flotte d’une quinzaine d’Electrons (une vingtaine en fin d’année). A Paris, le dispositif complet en 2015 prévoit un total de 75 véhicules Electron et 56 triporteurs (soit une réduction de 1.747 t équivalent CO2 annuels). A terme, pour ses projets dans l’Hexagone et au-delà (Distripolis pourrait s’étendre à Londres, Milan et Bruxelles), le logisticien prévoit d’en commander 287, et 214 triporteurs.
Guillaume Pepy l’a confirmé, le service de livraison écologique du dernier kilomètre sera proposé aux clients au même prix que la livraison traditionnelle. Dans ce cas, comment l’entreprise y trouve son compte ? « Le camion coûte plus cher, tout coûte plus cher. La vraie optimisation, c’est de réduire les trajets parasites, d’optimiser la charge » affirme-t-il. Certes, la plupart des bases BLUE parisiennes sont dans des gares, sur du foncier appartenant déjà à l’actionnaire SNCF, mais la location d’un véhicule électrique revient tout de même 1,5 fois plus cher qu’un engin thermique équivalent. Premier levier : l’économie d’échelle. La massification des flux messagerie, express, et paquets, qui pèsent à eux trois 5500 livraisons par jour à Paris. « La plupart de nos concurrents n’ont pas le cinquième de notre volume d’activité » souligne Bruno Mandrin, le Directeur de la division messagerie chez Geodis. Second levier : un système d’information présenté comme « extrêmement performant et révolutionnaire  » (Geodriver et Copilote) qui optimise les tournées en environnement urbain et permettrait de comprimer les coûts en diminuant de 20% le nombre de véhicules, et en réduisant de 5 à 10% le nombre de km parcourus. Cet outil informatique s’appuiera en outre sur une base de données de 35 M d’adresses de destinataires finaux avec les précisions sur les horaires de livraison et l’accessibilité pour livrer de nuit, ou en dehors des heures de bureau (entre 18 h et 21 h, même le week-end). Malgré toutes ces optimisations, il restera sans doute un surcoût de l’ordre de 20% que l’opérateur compte combler par l’augmentation de ses parts de marché. « Nous allons aller chercher de nouveaux clients dans l’e-business notamment. Nous faisons un pari commercial sur les sociétés intéressées par l’image que nous allons leur apporter au travers de cette initiative. Nous souhaitons être un opérateur reconnu du BtoC » nous confie Bruno Mandrin