publié le : 27-03-2012

Avec le printemps l’enquête annuelle de l’organisme de formation AFT-IFTIM sur les besoins en emplois et en formations dans la logistique revient pour la 18e fois, réalisée auprès de 468 « grands » établissements de cent salariés et plus et 85 « petits » établissements de 50 à 99 salariés de divers secteurs ayant une activité logistique. Au menu des grandes tendances, le mouvement de réorganisation logistique s’est poursuivi en 2011, touchant 41% des établissements, une proportion similaire annonçant sa prolongation en 2012 justifiées par trois principaux facteurs : réorganisation de la logistique client (23%), maîtrise des coûts (20%), investissement dans de nouvelles technologies. 74% des établissements privilégient les progiciels de gestion intégrés, au détriment de l’utilisation d’applications spécialisées de type MES, WMS, TMS et APS, en forte chute depuis 2009. Ceci s’accompagne d’une tendance à la réinternalisation, la sous-traitance du transport et du stockage diminuant (respectivement 80%/24% des grands établissements, 64%/5% des petits). Les créations d’emploi ont été moins nombreuses qu’escomptées un an plus tôt. 3% des grands établissements ont vu leurs effectifs cadres progresser, 6% ceux des agents de maîtrise et 15% ceux des opérateurs, motivés par la nécessité d’augmenter les capacités de production. La prévision pour 2012 s’établit à ce niveau-ci, un peu moins pour les opérateurs (12%). Il y a en moyenne un cadre pour treize opérateurs logistiques. Pour Jean-André Lasserre, Directeur des Etudes de l’AFT, « une croissance pauvre en emplois s’est installée, comme dans l’économie dans son ensemble. »
Les entreprises ont préféré faire appel à l’intérim (72%) et aux heures supplémentaires. Les établissements de plus de 100 salariés qui ont recruté ont privilégié à 60% les jeunes de moins de 26 ans, utilisant à 14% le contrat d’apprentissage et à 10% celui de professionnalisation. Néanmoins, l’expérience est le premier critère de recrutement (un an et huit mois souhaités) devant la motivation. Le marché de l’emploi légèrement plus tendu a mécaniquement entraîné une hausse des difficultés de recrutement (39% des grands établissements, 32% des petits), essentiellement au niveau des opérateurs, dû notamment au manque de motivation des candidats. Seuls 34% des postes sont pourvus par mobilité interne dans les grands établissements. Les recruteurs accordent moins d’importance qu’auparavant aux formations spécifiques à la logistique, hormis les prestataires de transport et logistique. Bac pro Logistique pour les opérateurs et bac+2 pour les agents de maîtrise sont privilégiés, pour les cadres c’est plutôt égal entre les différents niveaux universitaires, de bac+2 à bac+5