Accueil du site > Actualités > Actualités Logistiques > Trafics portuaires > Grimaldi satisfait de la ligne Rouen-Afrique
publié le : 06-04-2011

Le port de Rouen a, exceptionnellement, accueilli en fin de semaine dernière le porte-conteneurs roulier (CON-RO) Grande Benin, de la compagnie italienne Grimaldi. Très récent, puisque livré en 2009, l’imposant navire a remonté la Seine jeudi soir et est reparti de Rouen le lendemain, en fin de journée. Cette touchée du Grande Bénin intervient suite au départ en arrêt technique de l’un des deux navires exploités sur la ligne Eurocargo Express de Grimaldi. Il s’agit de l’Eurcargo Africa, qui a rejoint un chantier lituanien pour plusieurs semaines, ne laissant que l’Eurocargo Europa sur la ligne. Ne souhaitant pas d’interruption dans son service reliant Rouen à l’Afrique de l’ouest, Grimaldi a donc décidé de modifier la rotation du Grande Benin, affecté au service Southern Europe et qui escale habituellement au Havre. Après Rouen, le navire a mis le cap sur Hambourg, avant de rallier Anvers, Le Havre, Leixões, Lisbonne, Casablanca, Dakar, Luanda, Pointe Noire, Libreville et Douala. « C’est une escale exceptionnelle. Nous avons souhaité remplacer l’Eurocargo Africa pendant son absence et, pour se faire, le trajet du Grande Benin a été remodelé. C’est aussi un signe fort pour la place portuaire havraise car le Grande Benin est un navire de nouvelle génération. Cela montre la confiance que Grimaldi porte à la place en compensant l’arrêt d’un de ses navire par une telle unité », explique-t-on au sein de la compagnie.

Essais de navigation et tests sur des liaisons directes

Par rapport aux Eurocargo Africa et Eurocargo Europa, deux unités de 194 mètres datant de 1981, le Grande Benin en impose. Construit en Croatie et entré en flotte à l’été 2009, ce navire mesure 210.9 mètres de long pour 32.2 mètres de large. Le Grande Benin affiche une jauge de 47.300 tonneaux et peut transporter 2000 voitures et 800 EVP (Equivalent Vingt Pieds, taille standard du conteneur) à la vitesse de 21 noeuds. Alors que sa rampe arrière autorise l’embarquement de colis allant jusqu’à 250 tonnes, ses deux grues ont une capacité de levage de 40 tonnes. Lors de l’escale de Rouen, certains professionnels portuaires ont pu mesurer la différence avec les Eurocargo. Grimaldi n’a d’ailleurs jamais caché que si la ligne ouverte à Rouen en novembre dernier se développait suffisamment, elle pourrait y affecter des unités de nouvelle génération. Pour l’heure, la compagnie italienne n’en est pas là mais l’escale du Grande Benin a, au moins, permis de faire connaître localement cette classe de CON-RO et, au passage, tester une navigation en Seine jusqu’à Rouen. La ligne desservie par le navire étant, également, légèrement différente par rapport au service Eurocargo Express (qui dessert Lisbonne, Dakar, Banjul, Monrovia, Libreville et Boma), Grimaldi en a profité pour tester, auprès de sa clientèle rouennaise, de nouvelles liaisons directes. C’est le cas notamment pour Casablanca, Luanda et Duala.

Un bon démarrage

Cinq mois après la première escale à Rouen de l’Eurocargo Africa (le 3 novembre 2010), on se dit satisfait, chez Grimaldi, du démarrage de ce nouveau service reliant la Normandie et l’Afrique. « Nous étions confiants lorsque nous avons débuté en novembre et on peut dire que le service fonctionne très bien. Nous avons le soutien de la place rouennaise et les résultats sont encourageants ». Au sein de la compagnie, où l’on pense que le potentiel de croissance est important, on estime qu’un gros travail reste encore à mener pour que les professionnels rouennais puissent bénéficier de l’ensemble du potentiel offert par Grimaldi en Afrique de l’ouest. « Nous cherchons à diversifier les destinations. Nous sommes en effet convaincus que la place rouennaise n’utilise pas encore la totalité des 17 escales ouest-africaines que propose Grimaldi. Nous incitons donc nos clients à utiliser notre hub de Dakar pour transporter des marchandises sur certains ports, avec lesquels le temps de transit est très bon ». Ainsi, au départ de Rouen et avec un transbordement au Sénégal, il est possible de toucher Freetown en 11 jours, Lagos en 12 jours, Cotonou en 14 jours, Tema en 15 jours et Conakry en 16 jours. L’armement italien attend également beaucoup de l’apaisement de la situation en Côte d’Ivoire, afin de profiter des capacités du port d’Abidjan, qui n’est qu’à 9 jours de Rouen.