publié le : 02-05-2011

Ouf ! Depuis l’adoption de la loi portant réforme portuaire le 4 juillet 2008, le chemin a été long. Le 15 avril 2011, avec la signature des différents textes, la réforme a touché son port d’attache. "Terminé barre et machine", auraient pu dire les participants aux négociations.

Outre la convention collective nationale unifiée, les signataires ont apposé leur paraphe aux différentes annexes dont celle sur la pénibilité et celle sur la cessation anticipée d’activité liée à l’amiante. 


Les prochaines étapes

La réforme va pouvoir franchir de nouvelles étapes. Le 3 mai 2011, les grutiers doivent entrer dans les sociétés de manutention sous un commandement unique. "Les négociations locales sont terminées, le rôle de chacun sera désormais de faire de la pédagogie pour expliquer les textes et leurs applications", nous a confié Xavier Galbrun, délégué général de l’Unim, Union nationale des industries de la manutention, représentant le patronat, qui plaide pour une appropriation collective de cet outil.

Pour le syndicat FNPD CGT la situation est différente. "Le gouvernement souhaitait par sa loi l’unité de commandement et l’harmonisation du travail. Nous avons obtenu l’uniformisation sociale des salariés des ports." Une uniformisation qui s’est faite dans des conditions un peu particulières avec l’entrée du gouvernement dans les discussions ce qui, pour les syndicats, est à l’origine des mouvements sociaux de janvier et février 2011. "Pourquoi tant d’ingérence alors que nous nous étions mis d’accord en octobre 2010 avec les organisations patronales ?", s’interroge la FNPD CGT qui considère que les textes signés le 15 avril 2011 sont "très proches de ce que l’on avait conclu en octobre 2010, voire améliorés sur certains points".


Des points à éclaircir

Les ports français sont désormais entrés dans une nouvelle organisation du travail avec une unicité de commandement entre ouvriers portuaires et grutiers dans les grands ports maritimes. D’autres sujets liés à cette réforme demeurent. Que va-t-il se passer pour les ports décentralisés ? Auront-ils la possibilité de profiter des avantages de ces accords ou seulement d’en avoir les inconvénients ? La question doit encore être traitée.

Si la convention collective a réglé une partie importante en mettant sous le même commandement les dockers et les grutiers, des points demeurent à éclaircir pour les cadres. La réforme a changé leurs attributions et les cadres des grands ports maritimes veulent aussi être fixés sur leur sort. Les syndicats plus présents dans ces catégories, à l’image de la CFDT, FO et la CGC vont entrer en scène.

Dans l’attente des investissements

Les ports français doivent se mettre en ordre de marche pour l’avenir, a souligné le secrétaire d’État aux Transports, Dominique Bussereau, lors de la présentation du texte devant le Sénat dans les motivations. Avec l’application au 3 mai 2011 des accords signés, le gouvernement doit maintenant tenir les engagements formulés en matière d’investissements. Des sommes que la FNPD CGT appelle de ses vœux. "La France possède des atouts majeurs pour attirer des trafics nouveaux vers nos ports, la loi du 4 juillet 2008 doit aider au développement, que le gouvernement en fasse la démonstration", souligne la FNPD.

La signature de ces textes a été permise par un dialogue social soutenu, s’accordent à dire les partenaires sociaux. "Un élément essentiel et déterminant pour apporter la confiance nécessaire à l’ensemble des professions qui gravitent autour des ports", rappelle la FNPD CGT qui affirme que ce dialogue continuera et sera toujours privilégié