Accueil du site > Actualités > Actualités Logistiques > Trafics portuaires > Légère reprise pour le Port de Marseille en 2010
publié le : 04-02-2011

03/02/2011

Après avoir perdu 20% de son trafic entre 2007 et 2009, le port de Marseille-Fos a légèrement redressé la barre en 2010, sans pour autant recouvrer ses niveaux de 2007 (plus de 100 millions de tonnes) et 2008 (96 millions de tonnes). L’an dernier, le premier port de France a traité 86 millions de tonnes, soit une hausse de 3% par rapport à 2009 (83 millions de tonnes). Cette croissance a été stimulée par les vracs solides (+40%) et les marchandises diverses (+9%) mais contenue par la baisse de 3% des vracs liquides. Côté passagers, les croisières s’affirment comme une activité de poids avec quelques 700.000 passagers et une hausse de 8% par rapport à 2009, un résultat qui conforte Marseille en tant que 1er port de croisière français. En améliorant ses échanges de 3%, le Grand Port Maritime de Marseille se place au-dessus de la moyenne des ports français (+1%) mais en deçà de la progression moyenne de 7.7% des ports européens. Le GPMM était pourtant à ce niveau à la fin du premier semestre 2010, avec un taux de croissance de 8%, mais les mouvements sociaux et le ralentissement de la demande d’acier intervenus au second semestre ont réduit cet élan de 5 points. Alors que les grèves se poursuivent depuis plusieurs semaines autour de la question des départs anticipés pour cause de pénibilité, Patrick Daher, Président du Conseil de Surveillance du GPMM, estime que la priorité est de faire aboutir la réforme portuaire d’ici avril, date butoir prévue par la loi de juillet 2008. « Il sera temps ensuite pour moi de réunir tous les acteurs qui concourent au destin du port, autant économiques, sociaux que politiques, pour construire ensemble le port de demain. J’ai la ferme conviction que Marseille Fos peut et doit se hisser au niveau d’une grande ville-port à l’image de Singapour, Hambourg ou Shanghai. Avec le développement du commerce mondial, les ports deviennent un noeud focal d’activités, les nouveaux portails de la planète. Les acteurs de Marseille Fos ne se sont pas encore inscrits dans cette ambition mais je souhaite en débattre avec eux et aboutir à un véritable pacte local de développement ».

L’évolution des différents trafics

Pour 2010, le trafic de marchandises diverses s’élève à 15.8 millions de tonnes, soit une hausse de 9%. Après une année 2009 bien orientée malgré la crise (+4%), le conteneur confirme sa progression avec 9% de hausse l’an dernier (953.435 EVP), une performance qui est d ?ailleurs supérieure à celle des ports d’Europe du Sud (+7.7%). C’est la reprise des échanges sur le terminal de Marseille, grâce à la régularisation des trafics avec l’Algérie, qui porte l’essentiel de la hausse. Le seuil du million d’EVP n’est toutefois pas dépassé faute des quelques 107.000 conteneurs perdus suite aux mouvements sociaux liés à la pénibilité.
Le roulant (4.3 Mt, +6%) a bénéficié de la montée en puissance de la ligne UN RO-RO vers la Turquie (compagnie qui a décidé de se replier sur Toulon en janvier), ainsi que des échanges avec la Tunisie qui ont atteint un tonnage exceptionnel de 1.3 million de tonnes, jamais égalé depuis 10 ans. Enfin, le conventionnel (2.1 Mt, +21%) a profité de la hausse des exportations de produits sidérurgiques.
Le segment des vracs solides affiche une croissance de 40% et frôle les 12 millions de tonnes (11.82 Mt) à fin 2010. C’est le segment qui a connu la plus forte hausse l’an dernier parmi les activités du port. La reprise des échanges a plus profité au port de Marseille Fos qu’aux autres ports européens qui connaissent des taux de progression de 18% en moyenne, au nord comme au sud. La principale composante de ce segment, les vracs sidérurgiques, progresse de 63% et gagne 2.9 Mt par rapport à 2009, sans atteindre toutefois le niveau d’avant-crise de 2008, la demande d’acier ayant ralentie au second semestre 2010. La reprise des importations de charbon et de matériaux de construction, ainsi que la bonne tenue des céréales, contribuent également à la performance des vracs solides.
C’est au retrait des trafics de Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL), de pétrole brut et de produits raffinés qu’il faut attribuer la baisse de 3% des vracs liquides en 2010. Les produits pétroliers ont en effet subi la baisse d’activité tendancielle des raffineries françaises et européennes, ainsi que la grève de l’automne 2010.
En revanche, le Gaz Naturel Liquéfié (GNL) s’est imposé en 2010 comme une filière d’avenir pour le port. Le démarrage en avril de Fos Cavaou, second terminal méthanier du port avec celui du Tonkin, permet au GNL de bénéficier d’un trafic de 5.5 Mt, soit une croissance de 9% par rapport à 2009. La hausse de 2% des vracs chimiques et alimentaires sur l’année est aussi à porter au crédit du port pour 2010.
L’activité passagers passe à 2% sous le niveau de 2009 principalement sous l’effet de l’érosion du trafic vers la Corse (-11%). Les croisières sont bien orientées avec une hausse remarquable de 52.6% des voyageurs tête de ligne en 2010. Ces voyageurs qui commencent ou terminent leur voyage à Marseille représentent désormais 40% des 700.000 croisiéristes accueillis par le port.

Résultats économiques et perspectives

Le chiffre d’affaires 2010 du GPMM devrait avoisiner 175 millions d’euros, soit une hausse de 2.3% par rapport à 2009. La reprise économique du premier semestre, ainsi que le démarrage du terminal méthanier ont favorablement joué sur ce résultat. En revanche, 3 millions d’euros de chiffre d’affaires ont échappé au port suite aux difficultés du raffinage, alors que les mouvements sociaux sur les différents terminaux ont induit une perte de 4 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’an dernier, le programme d’investissements du port s’est élevé à 74 millions d’euros, dont 23 millions ont été dédiés au pôle conteneur et logistique, 12 au pôle roulier-passager-interface ville port et 8 au pôle énergie et vracs liquides.
Dans un contexte 2010 perturbé, plusieurs perspectives encourageantes pour les années à venir ont néanmoins émergé, comme l’arrivée de deux portiques neufs sur le terminal à conteneurs Fos 2XL de Port Synergy et le positionnement sur Fos de porte-conteneurs géants de 13.000 EVP. La décision de l’enseigne « Maison du Monde » de construire un entrepôt de 35 000 m² sur la zone logistique de Fos Distriport et de concentrer sur Fos la quasi-totalité de ses flux à l’importation montre l’intérêt que les acteurs économiques témoignent au potentiel du port de Marseille Fos.
Enfin, en attendant que les sociétés Elengy et Fos Faster confirment leur intention d’investir dans des terminaux méthaniers à Fos, le lancement début 2011 d’un appel à projets pour la constitution d’un complexe agro-alimentaire générateur de trafics de vracs liquides constitue une perspective supplémentaire de diversification d’activité en compensation de la baisse régulière des échanges de pétrole brut.