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publié le : 23-02-2012

Engagé dans un programme de rénovation sans précédent du réseau principal, Réseau Ferré de France n’en oublie pas, pour autant, le réseau des lignes dites "secondaires". Il leur consacre 16 millions d’euros par an depuis 2010 dans le cadre de leur modernisation.

Ainsi, en 2010, 130 kilomètres de lignes parcourues uniquement par des trains de fret ont pu être rénovées. En 2011, 85 km supplémentaires l’ont été et les prévisions tablent sur 80 km pour 2012.

Pour l’heure, cinq chantiers de modernisation sont menés simultanément : Hesdigneul - Desvres, Clermont-de-L’Oise - Avrigny et Arques - Lumbres dans le Nord de la France, Nuits-sous-Ravières - Bricon en Bourgogne et Castelsarrasin - Beaumont-de-Lomagne dans le Sud-Ouest. Mais le chantier reste immense si l’on considère qu’il existe 4 300 km de lignes à faible trafic fret dont 1 700 km ne voient quasiment plus circuler aucun train.


Nouveaux concepts

RFF conduit aussi une action commerciale volontariste auprès des chargeurs de bout de ligne pour massifier les flux et donc justifier de travaux de modernisation. Ainsi avec le céréalier Soufflet dont les potentiels de trafic à acheminer via la ligne Arzembouy - Nevers sont de l’ordre de 200 000 tonnes par an. D’autres contacts sont en cours avec des industriels majeurs comme Nestlé, EDF et Imerys.

Pour d’autres lignes moins porteuses, RFF n’exclut pas de faire appel à des acteurs locaux au travers de nouveaux concepts comme COT. Cette "convention d’occupation temporaire" reprend la notion d’installation terminale embranchée (ITE) mais appliquée à l’ensemble d’une section de ligne. Comme le confirme Vincent Duguay, directeur commercial de RFF, "nous sommes actuellement en réflexion sur la section Artonges - Montmirail dans le cadre du développement des activités de rénovation de matériels ferroviaires de VFLI, filiale du groupe SNCF".


Les PGI en pointe

En attendant, RFF s’apprête à passer un nouvel appel d’offres pour désigner le futur prestataire gestionnaire d’infrastructure (PGI) de la ligne Autun - Avallon, vouée à être prochainement modernisée. Il poursuivra ainsi l’expérimentation d’un deuxième modèle en matière de maintenance des lignes à voie unique à vocation fret. Avec à la clef d’intéressantes économies sur les coûts d’entretien puisque ceux-ci pourraient être abaissés de l’ordre de 20 à 30%.

D’ailleurs, des PGI supplémentaires pourraient, à terme, être mis en place sur les cinq lignes modernisées en 2011-2012. "Le passage en PGI pour la maintenance permet de sortir du cadre réglementaire imposé et donc de laisser libre champ à des mises en oeuvre de programme de maintenance adapté au plus près du trafic", conclut Vincent Duguay.
 

Les innovations en matière d’exploitation des lignes ferroviaires spécialisées fret se multiplient en Bourgogne. Après la Compagnie Ferroviaire Régionale (CFR) qui a été le premier opérateur de fret de proximité (OFP) à assurer à la fois des dessertes fret et un contrat de "prestataire gestionnaire d’infrastructure" (PGI), l’OFP du Châtillonnais et de l’Auxois est le premier à avoir démarré ses activités en tant que seul PGI.

En clair, ce nouvel intervenant assure la maintenance des lignes Nuits-sous-Ravières - Chatillon-sur-Seine - Brion-sur-Ource (50 km) et Les Laumes - Epoisses (35 km), pour le compte de RFF. Le contrat conclu avec la société ATIF (Assistance Travaux et Ingénierie Ferroviaire), en groupement avec la Dijonnaise de Voies Ferrées (DVF), court sur une durée de trois ans.


Une structure de proximité réactive

Basée à Chenove, près de Dijon, ATIF va embaucher quatre personnes supplémentaires dans le cadre de la création d’une agence à Montbard. Celle-ci sera chargée de la surveillance et de l’organisation de la maintenance des installations ferroviaires du projet, les moyens de traction et de travaux étant fournis par DVF.

Comme l’explique Antoine Favre, gérant d’ATIF, "nous allons essayer d’apporter à RFF une structure de proximité adaptée et réactive composée de compétences ferroviaires reconnues. Nous pourrions nous intéresser à d’autres lignes situées en Bourgogne, sous réserve que RFF lance de nouveaux appels d’offres".


Travaux à venir

Pour RFF, ce contrat attribué au groupement ATIF-DVF "permet d’expérimenter un deuxième modèle en matière de maintenance des lignes à voie unique à vocation fret. Notre ambition est d’en optimiser l’entretien afin de les pérenniser et de favoriser ainsi le développement du transport ferroviaire de marchandises", souligne Antoine Latouche, chef du service commercial et gestion du réseau RFF.

Sur ces lignes desservies principalement par Europorte et Fret SNCF, les convois transportent majoritairement des céréales. Le trafic est d’environ 300 000 tonnes annuelles sur Nuits-sous-Ravières - Chatillon-sur-Seine - Brion qui fera l’objet d’un programme de rénovation courant 2013. Les 6 millions d’euros investis dans l’opération permettront notamment de porter la masse à l’essieu des trains à 22,5 tonnes contre 20 t actuellement sur la section Châtillon-sur-Seine - Brion-sur-Ource.

Le trafic sur la seconde ligne, Les Laumes-Epoisses, est plus modeste puisqu’il s’établit à environ 70 000 tonnes. Cette ligne est cependant apte à voir circuler des convois chargés à 22,5 t par essieu. La relance du trafic bois dans le châtillonnais pourrait apporter un surcroît de trafic, de l’ordre de 100 000 tonnes par an.