publié le : 05-01-2011

Après une chute de 11.4% de son trafic entre 2008 et 2009, le Grand Port Maritime de Saint-Nazaire a comblé l’an dernier une partie de ses pertes consécutives à la crise. En franchissant la barre des 31 millions de tonnes de marchandises traitées, le GPMNSN voit son trafic global se redresser de 4.6% par rapport à 2009 (29.8 millions de tonnes), sans pour autant revenir à son niveau de 2008 (33.6 millions de tonnes). « Dans une conjoncture économique et sociale difficile, cette progression intervient dans une période caractérisée par d’importants mouvements sociaux, liés à la réforme portuaire et à celle des retraites, et par une réelle tension économique sur les marchés », explique le port ligérien.

Les trafics non énergétiques en forte progression

Malgré tout, le quatrième GPM français marque quand même des points, notamment dans les trafics non énergétiques, qui présentent un bond de 12.4% par rapport à 2009, en atteignant 10.08 million de tonnes. On notera les bonnes performances des conteneurs (1.73 Mt, +10.3%). Bien que plusieurs escales aient été annulées en raison de grèves, le trafic conteneurisé a bénéficié de la récente connexion des terminaux de Montoir-de-Bretagne vers plusieurs grands ports de transbordement, dont Rotterdam, Valence et, plus récemment, Tanger Med.
Le trafic roulier est, quant à lui, en hausse de 20.8% par rapport à 2009, soit 489.000 tonnes. Le développement des importations de véhicules Renault, ainsi que la montée en puissance de l’autoroute de la mer vers Gijon, lancée en septembre dernier par Louis Dreyfus Armateurs, contribuent à ce résultat.

Toujours dans le domaine des trafics non énergétiques, on notera la progression des aliments du bétail (2.03 Mt, 15.1%) et des céréales (1.56 Mt, +17%). Pour les céréales, l’année 2010 a été marquée par une demande mondiale très forte en blé, liée à la sécheresse et aux incendies intervenus l’été dernier en Russie, en Ukraine et au Kazakhstan, trois fournisseurs majeurs du marché. Après une année 2009 difficile, le trafic d’engrais a, quant à lui, plus que doublé en 2010 (212.000 tonnes, +113.5%), la demande agricole s’étant renforcée. Enfin, on constate que le trafic de ferrailles, à destination d’aciéries, est en progression de 22.6 % grâce au développement des installations de broyage ligériennes. De même, la manutention d’éléments d’éoliennes a quadruplé en un an. 200 éoliennes ont ainsi transité par les terminaux de Montoir, à destination, pour la majeure partie, de parcs bretons.

Hydrocarbures et GNL à la hausse, charbon à la baisse

Représentant les deux tiers des volumes traités par le port de Nantes Saint-Nazaire, le « socle énergétique », comme on l’appelle sur les bords de Loire, s’est maintenu en 2010, avec 21 millions de tonnes, soit 1.2% de mieux qu’en 2009 (il était alors en recul de 8.3% par rapport à 2008). L’an dernier, les importations de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) ont enregistré une progression de 3.8 % pour atteindre 4.9 millions de tonnes. Le segment du pétrole s’est, quant à lui, redressé, avec une hausse de 4.8% (7.96 millions de tonnes) s’expliquant par la remontée en puissance de la raffinerie de Donges après son arrêt quinquennal, au printemps 2009. Les hydrocarbures raffinés affichaient, quant à eux, une hausse de 3% (6.37 millions de tonnes), en raison d’un développement de 14.1 % des exportations, notamment vers les autres ports de la façade atlantique.
La seule ombre au tableau se situe au niveau du charbon. Ce trafic, avec 1.8 million de tonnes, est en recul de 21.1% par rapport à l’année précédente. Il convient toutefois de souligner que 2009 (2.3 millions de tonnes, +31% par rapport à 2008) avait été exceptionnelle pour le charbon, la centrale thermique de Cordemais ayant été très sollicitée pour pallier l’arrêt de tranches nucléaires à Flamanville.