publié le : 02-05-2011

Depuis la libéralisation du fret ferroviaire, on avait plutôt pris l’habitude d’entendre les concurrents de la SNCF, entreprises ferroviaires ou opérateurs de transport combiné, lui reprocher de leur mettre des bâtons dans les roues. Combien de fois ne les a-t-on pas entendu critiquer "la séparation de façade" entre l’entreprise nationale et le gestionnaire d’infrastructures, Réseau Ferré de France (RFF), préjudiciable à une saine attribution des sillons, nerf de la guerre du fret ferroviaire ? Changement de situation : c’est l’éternel arrosé qui arrose.


Saisine de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires

En effet, dans la semaine du 11 avril 2011, le gendarme du rail, l’Araf (Autorité de régulation des activités ferroviaires), a fait l’objet d’une saisine de la part de Novatrans à l’encontre de RFF et Combiwest. L’opérateur historique de transport combiné (qui ne souhaite pas s’exprimer) s’estime lésé face à son concurrent breton, qui aurait bénéficié d’un traitement de faveur de la part du gestionnaire d’infrastructure. Selon les termes de la saisine, Novatrans considère que RFF n’aurait pas respecté "les règles d’impartialité et de non-discrimination qui pèsent sur lui" ! Une plainte qui sonne comme l’épilogue de la guéguerre commerciale que se livrent les deux opérateurs combiné sur la liaison Rennes-Lyon depuis la décision de Combiwest de réactiver une ligne que la SNCF avait désertée depuis de nombreuses années.

Piqué au vif, Novatrans avait été le premier à lancer les hostilités avec un premier train quasi-vide en janvier 2011. Depuis, la fréquence est passée à deux trains/semaine, contre 5 trains pour l’opérateur breton. D’ailleurs du côté de RFF, qui se montre "tranquille" face à cette saisine, on confirme bien "y voir une opération de lutte commerciale"... qui tournerait au désavantage de Novatrans.


Problème d’équité

Pourquoi ? Outre qu’il n’y a déjà pas suffisamment de demandes pour deux opérateurs, et qu’industriels et transporteurs bretons semblent privilégier l’entreprise régionale, Novatrans estime disposer d’un sillon moins attractif que celui obtenu, hors délais légaux selon lui, par son concurrent