publié le : 11-05-2012

Jean-Marc Janaillac, président du directoire de RATP Dev, présentait avec le sourire le 10 mai les résultats 2011 de son groupe. En trois ans, le chiffre d’affaires a été multiplié par trois, pour atteindre 603 millions d’euros.

La performance est importante pour ce challenger des grands groupes du secteur comme Veolia Transdev (VTD) et Keolis, car elle n’est pas seulement le fait de l’intégration des 16 filiales VTD rétrocédées l’an passé. "Un quart de cette croissance est naturelle, affirme Laurence Battle, Directrice administrative et financière de RATP Dev, et provient pour beaucoup de nos acquisitions en Grande-Bretagne et de la mise en exploitation du Gautrain en Afrique du Sud ou du métro d’Alger". Cette multiplication du CA pourrait être plus importante, car les quelque 110 millions d’euros de CA consolidés réalisés en Asie dans le cadre de la joint-venture avec VTD ont été inscrits chez ce dernier, pour des raisons techniques. Rappelons que dans le cadre de cette joint-venture, RATP Dev dispose d’un droit de préemption sur les parts de son partenaire en cas de cession de cet actif. Ce qui devrait être le cas dans les mois qui viennent. Une raison sans doute pour laquelle RATP Dev affiche un objectif ambitieux pour 2012 à 741 millions d’euros. 
 

Une bonne marge pour le secteur
 

Avec un EBIT 2011 affiché à 13 millions d’euros, le groupe réalise une marge opérationnelle de 2,2%, soit une rentabilité que Jean-Marc Janaillac juge "honorable par rapport à la concurrence". "Mieux, poursuit-il, avec un résultat net hors exceptionnel à six millions d’euros, soit 1% du CA, nous sommes largement supérieurs à VTD et meilleurs que Keolis". Selon Emmanuel Ansart, Directeur France, "le pari d’une telle rentabilité n’était pas gagné. Car les 13 filiales françaises récupérées de chez VTD souffraient justement pour la plupart d’entre elles d’un problème de rentabilité. Outre l’intégration des équipes au sein de notre groupe et le nécessaire travaille consistant à rassurer les AO face à notre arrivée, il nous a aussi fallu gérer ces difficultés. Je considère aujourd’hui que nous avons remporté ce pari, puisque nous apparaissons dorénavant aux yeux des élus comme une alternative fiable face à VTD et Keolis".
"Nous commençons en effet à prouver notre valeur sur la marché français, poursuit pour sa part Jean-Marc Janaillac, notamment dans les villes moyennes. Il nous reste à prouver nos capacités dans les capitales régionales, ce à quoi nous nous employons". 
 

Quatre continents en ligne de mire
 

Avec 40% du CA réalisé en France en 2011 (contre 89% en 2009), RATP Dev a clairement adopté une stratégie de développement international. "En fait, notre stratégie repose sur trois axes, explique Jean-Marc Janaillac. En premier lieu les pays que nous qualifions de matures, comme la France, la Grande-Bretagne ou les USA. Ils bénéficient d’institutions stables et notre développement y passe par les réponses aux appels d’offres ou les acquisitions que nous pourront faire. A ce titre, nous souhaitons nous installer d’ici 2017 dans deux nouveaux pays européens (hors Espagne ou Portugal, NDLR). Viennent ensuite une série de pays que nous considérons comme ayant de gros besoins avec de forts taux de croissance. L’Asie, le Maghreb ou l’Amérique latine en font partie, et là, nous travaillons nos actions commerciales. Enfin, dans les autres pays, nous serons opportunistes et comptons répondre aux appels d’offres concernant les projets ferroviaires ou métropolitains". 
 

Le tramway comme vecteur de conquête ?


Fort de quelques uns de ses contrats-phares, RATP Dev se positionne progressivement, selon ses dirigeants, comme un des spécialistes du tramway à l’international. "Il y a en effet d’importantes perspectives pour ce mode dans un bon nombre de pays dans lesquels nous sommes implantés, explique ainsi Laurence Broseta, Directrice de l’International. Au Maghreb par exemple, et particulièrement en Algérie et au Maroc, en Chine aussi, ou aux USA, le tramway est à la mode, et nous sommes bien placés".
Dans le cadre de son plan de développement 2013-2017, RATP Dev a pour objectif de représenter 30% du CA du groupe RATP (contre 13% aujourd’hui), ses ambitions sont donc à la mesure de l’enjeu.

"Quels que soient les objectifs, notre actionnaire nous demande une croissance rentable, précise Jean-Marc Janaillac. Nous voulons donc conserver la souplesse d’une entreprise moyenne, tout en bénéficiant du soutien de la RATP, et notamment de ses 2000 ingénieurs, qui nous permettent de bâtir à le demande des solutions transports, sans appliquer de recettes toutes prêtes".