publié le : 19-01-2012

Le 12 janvier 2012, à l’occasion de ses voeux à la presse, Hubert du Mesnil, président de Réseau ferré de France, a mis en avant la poursuite en 2012 de l’effort de modernisation (1 000 km de voies renouvellées) et de développement du réseau avec un niveau d’investissement de 3,4 milliards d’euros, équivalent à celui réalisé en 2011. À ce rythme, 17 milliards d’euros seront investis d’ici 2017, y compris pour la construction de quatre LGV (1).


Le voyageur compense la baisse du fret

Même si RFF a dégagé en 2011 un résultat opérationnel de 1,5 milliard d’euros avec un résultat net qui devrait être légèment positif, ces efforts de modernisation et de développement ne sont pas sans effets sur l’évolution de l’endettement, passé à 28,6 milliards d’euros à la fin de 2011 (+ 4,37%). Côté "production" de sillons, la croissance générale de 2011, qui atteint 3%, est liée à la dynamique de l’offre voyageurs (+ 4,5% à 425,5 milliers de trains/km) compensant la poursuite de la chute du fret (- 3,6% à 72,7 milliers de trains/km) et la baisse continue de sa part dans l’ensemble des sillons.

RFF constate en effet une baisse de 5% de la demande de sillons pour le service annuel 2012 (commandes d’avril 2011) dans le domaine du fret. Mais "le trafic de modifie dans sa structure", souligne Alain Quinet, directeur général délégué de RFF. Ainsi, la demande augmente sur certains grands axes : + 8% sur l’axe atlantique, + 46% dans la Vallée du Rhône et + 30% sur l’axe Dourges-Valenton. De même, RFF note une augmentation du nombre de sillons alloués au départ de plusieurs grands ports maritimes comme Le Havre (+ 20%) ou Dunkerque (+ 23%).


Évolution de la gouvernance du système ferroviaire

Autre événement majeur de 2012, l’évolution de la gouvernance du système ferroviaire. Conformément au souhait de Nathalie Kosciusko-Morizet le 15 décembre 2011 lors de la clôture des Assises du ferroviaire, la Direction des circulations ferroviaires (DCF) devrait se rapprocher "fonctionnellement et physiquement" de RFF afin de mettre en place un gestionnaire de réseau de "pleine compétence".

D’autres étapes sont à venir. Pour Hubert du Mesnil, elles viseront à la "recherche d’une solution originale pour l’avenir [tendant] à unifier la gestion des infrastructures entre RFF, DCF, SNCF et Gares et Connexions". Dans cette optique, RFF et SNCF devraient, au printemps 2012, remettre au gouvernement un projet opérationnel d’unification du réseau ferré national. Projet aux compatibilités à mettre en regard avec les deux options exposées lors des Assises du ferroviaire. Séparation totale, RFF coiffant DCF et maintenance, la SNCF s’occupant du transport mais pas forcément de la gestion des gares. Holding "à l’allemande" dans lequel le groupe SNCF gère maintenance et circulations. Dans tous les cas sous la houlette de l’État avec l’ARAF (Autorité de régulation des activités ferroviaires) et l’EPSF (Établissement public de sécurité ferroviaire).


(1) Nîmes - Montpellier, Sud-Europe Atlantique, Bretagne-Pays de la Loire et LGV Est deuxième phase. Les trois premières réalisées en concession ou en PPP, la dernière en maîtrise d’ouvrage directe RFF.

 

RFF retient Bouygues pour le contournement Nîmes-Montpellier

Le 12 janvier 2012, RFF a annoncé que le groupement mené par Bouygues (associé notamment à Alstom et SPIE Batignolles) a été désigné "attributaire pressenti" du contrat de partenariat public-privé pour la LGV mixte voyageurs-fret Nîmes - Montpellier (60 km dont 20 km de raccordements et deux gares nouvelles), qui sera mise en service en 2017. Contrat de 1,83 milliards d’euros totalisant 88,8% de l’investissement total (2,06 milliards d’euros).

La vitesse de circulation sur cette ligne sera à terme de 300 km/h pour les TGV et 100 à 120 km/h pour les trains de fret.