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publié le : 09-01-2012

09/01/2012

A défaut d’avoir pu reprendre SeaFrance, Louis Dreyfus Armateurs va jouer une autre carte pour se développer dans le détroit du Pas-de-Calais avec sa filiale LDLines. D’après Marianne, l’armateur français a fait savoir au gouvernent qu’il envisageait de déployer deux navires dans le détroit. De fait, un est déjà en place depuis le mois dernier. Affrété par la compagnie danoise DFDS, avec qui LDA souhaitait reprendre SeaFrance, le Norman Spirit renforce les trois ferries de DFDS sur la ligne Dunkerque-Douvres. Armé sous pavillon français par des équipages de LD Transmanche Ferries, le Norman Spirit pourrait donc être rejoint, prochainement, par un second bateau. Chez LDA, on se refuse pour le moment à tout commentaire. L’armement dévoilera probablement sa nouvelle stratégie après l’épilogue du dossier SeaFrance, qui devrait intervenir aujourd’hui. Sauf surprise, le tribunal de commerce de Paris devrait, en effet, décider de la liquidation judiciaire de l’entreprise, filiale de la SNCF employant 880 salariés et comptant quatre navires. 

Jusqu’où ira le rapprochement LDA/DFDS ? 

Suivant la décision de justice et, bien entendu, la manière dont elle sera reçue à Calais, où les personnels de SeaFrance ne manqueront pas de réagir, LDA ajustera sa stratégie. Sollicité par l’Etat et un collectif de salariés récemment créé pour voler au secours de SeaFrance, LDA aurait, selon Marianne, fait savoir au gouvernement qu’il ne retournerait pas, en catastrophe, à la table des négociations. Une position logique puisque l’armement s’est largement fait éconduire par la CFDT, syndicat majoritaire au sein de SeaFrance. Sa proposition de reprise de l’ensemble des salariés et de la flotte en 2009 (alors plus de 1500 personnes et six navires) en 2009 avait été vigoureusement rejetée. Et il en fut de même ces derniers mois avec le dossier de reprise présenté conjointement avec DFDS. Jetant finalement l’éponge, l’armement français a donc décidé de jouer la carte du partenariat avec les Danois pour développer son activité dans le Pas-de-Calais. Il conviendra d’ailleurs de voir, dans les prochaines semaines, quelle sera l’étendue de ce rapprochement avec DFDS, alors que LDLines exploitent plusieurs lignes en Manche (Le Havre - Portsmouth et la délégation de service public - LD Transmanche Ferries- entre Dieppe et Newhaven), mais aussi l’autoroute de la mer entre Saint-nazaire (Montoir-de-Bretagne) et Gijon, en Espagne. 

Une place potentielle à prendre à Calais ? 

Il reste aussi à voir, sur le détroit, quelle stratégie adoptera le couple franco-danois. Si les moyens navals doivent être développés, le second navire sera-t-il sous pavillon français ? Ce ne serait pas aberrant et cela permettrait, peut-être, d’embaucher une petite partie des ex-salariés de SeaFrance. Enfin, la question est de savoir si DFDS et LDA, en plus de Dunkerque, succèderont à SeaFrance à Calais. Si la filiale de la SNCF sombre, il y aura clairement une place à prendre. Mais il faudra sans doute attendre que le climat s’apaise pour envisager l’arrivée de navires DFDS/LDA à Calais dans de bonnes conditions.