publié le : 15-09-2011

Gestionnaire des ports de Toulon et La Seyne-sur-Mer, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Var prépare activement la montée en puissance de l’activité croisière l’an prochain. Pour la première fois, la compagnie américaine Royal Caribbean International proposera, durant la saison estivale, des embarquements au départ du port varois. Evidemment, cette présence va « booster » le trafic toulonnais, avec 130 escales et 300.000 passagers attendus l’an prochain, contre environ 90 escales et 230 000 passagers en 2010. Royal Caribbean International, Celebrity Cruises, P&O Cruises, Oceania Cruises, Fred Oslen, Thomson Cruises, Costa Croisières, MSC Croisières, Cunard, Holland America... Le port accueille de nombreuses compagnies et a encore, cette année, connu de nombreuses escales inaugurales, comme celles du Liberty of the Seas (RCI), du Celebrity Solstice (Celebrity), du Marina (Oceania) ou encore de l’Azura et du Ventura (P&O). 

« Le marché de la croisière constitue pour le Var une réelle opportunité en matière de développement économique et touristique que le département a su accompagner : il s’est doté depuis avril 2008 de son Club Croisière, le Var Provence Cruise Club. Fruit d’un étroit partenariat entre la CCI du Var et le Conseil Général du Var, cette structure regroupe un grand nombre d’acteurs publics et privés », explique la CCI. Depuis sa création, le club a pour ambition de promouvoir une offre touristique dynamique et structurée pour faire du Var une destination croisière attractive. Il a également pour objectif de promouvoir les capacités d’accueil des ports et communes du réseau, et d’y garantir les meilleures conditions d’accueil des armateurs, des croisiéristes et des équipages. 

Une progression constante ces dernières années

Surfant sur la croissance importante du marché de la croisière, notamment en Méditerranée, le travail accompli par les acteurs varois a permis au port de développer significativement son activité dans ce domaine. A ce titre, les chiffres sont très parlants. Ainsi, de 40 escales et 47.751 passagers en 2004, la rade de Toulon a accueilli 62 escales et 72.231 passagers en 2008, avant d’atteindre son plus haut niveau historique l’année suivante avec 70 escales et 119.754 passagers. Et déjà, cette année, ce record est battu, avec un trafic en hausse de 125% par rapport à 2009. 
L’attrait des compagnies pour le port varois tient en plusieurs facteurs. D’abord, sa situation géographique. Abrité et facile d’accès, Toulon est le seul port français de Méditerranée à pouvoir accueillir les plus grands, quelles que soient les conditions météorologiques. Cet atout a été démontré à plusieurs reprises avec l’accueil de paquebots contraints de rebrousser chemin devant Marseille à cause du Mistral, considéré comme trop puissant par les commandants pour accéder aux bassins phocéens. 
Si les ferries accostent à Toulon, près du centre-ville, les paquebots s’amarrent, quant à eux, à La Seyne-sur-Mer, de l’autre côté de la rade (des navettes permettent de rejoindre le centre). L’ancien môle d’armement des défunts chantiers offre, en effet, un très long quai à même de recevoir les navires les plus gros, comme les unités de la classe Freedom de RCI, mastodontes longs de 339 mètres et affichant une jauge de 158.000 tonneaux. Plus gros navires de croisière exploités en Europe, les Liberty of the Seas et Independence of the Seas sont, d’ailleurs, des habitués du quai seynois. 

L’arrivée de Royal Caribbean

Mais, jusqu’ici, ces géants ne faisaient que déverser leur flot de passagers, ce qui était déjà très bien pour la région puisqu’un croisiériste en escale, cela signifie de l’argent dépensé dans l’économie locale. Entre les excursions et les boutiques du centre-ville, les commerçants apprécient notamment cette manne touristique en plein développement. Cependant, l’an prochain, Toulon va passer à la vitesse supérieure. Neuf ans après son départ de France, le groupe Royal a, en effet, décidé de rouvrir un bureau à Paris et de proposer des départs depuis les ports hexagonaux pour séduire la clientèle tricolore. A ce titre, Toulon a été retenu comme le principal port d’embarquement en 2012. De mai à octobre, le Liberty of The Seas, doté de 1800 cabines, proposera chaque dimanche, des embarquements pour une croisière d’une semaine en Méditerranée occidentale. « Ce choix conforte Toulon en port de tête de ligne, pour ses capacités opérationnelles, sa situation stratégique et l’accessibilité aérienne et ferroviaire depuis Paris notamment », estime la CCI. 

Un développement nécessitant un fort soutien local

L’enthousiasme est, évidemment, très important dans la région, même si les acteurs savent qu’il s’agit là d’un test et que la concurrence de Marseille, où RCI sera aussi présente, mais dans une moindre mesure, demeure très vive. Si Toulon peut compter sur ses accès nautiques, le port phocéen a pour lui des infrastructures plus développées, à commencer par un grand terminal croisière récent, ce qui manque encore à La Seyne-sur-Mer. Pour séduire les compagnies et les passagers, les collectivités locales et la CCI du Var devront sans doute investir pour améliorer l’ancien môle d’armement et en faire un véritable lieu d’accueil. De ce point de vue, des réflexions sont en cours, en lien avec Royal, sur les équipements à mettre en place pour l’embarquement et le débarquement de passagers à La Seyne. Côté transports, la compagnie américaine mise, semble-t-il, surtout sur le TGV, qui dessert en direct Paris, Lyon et Marseille, avant d’arriver à Toulon. A Hyères, les liaisons par avions sont en revanche beaucoup moins nombreuses qu’à l’aéroport de Marignane, ce qui constitue pour le moment un certain handicap de Toulon par rapport à Marseille. Néanmoins, si le développement de l’activité croisière est au rendez-vous, on peut imaginer qu’il entrainera le développement d’une offre aérienne correspondant aux besoins.