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publié le : 14-05-2012

 
14/05/2012

Les ports du Havre, de Rouen et de Paris, réunis depuis le début de l’année au sein du groupement d’intérêt économique Haropa , ont réalisé un tonnage maritime de 22,3 millions de tonnes au cours du premier trimestre , équivalent à celui de la même période de 2011, avec des évolutions contrastées au niveau des différentes activités.
D’après Haropa, ces résultats sont premièrement le reflet d’une conjoncture économique morose accompagnée d’une perspective de reprise qui tarde. Au 1er trimestre 2012, l’INSEE constate une stagnation du PIB en France (0%) doublée d’un léger retrait sur la zone euro (-0.1%). Pour les prévisions de croissance de l’année 2012, l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) table sur une timide progression de 0.2% contre -0.4% sur la zone Euro (sources : Eurosat, FMI, OCDE). Enfin, les adaptations récentes des capacités de raffinage en France, dont la Vallée de la Seine constitue le 1er bassin pétrochimique, ont fortement impacté le trafic. 
Avec plus de la moitié des tonnages maritimes (55%), les vracs liquides forment le principal trafic en tonnage de l’activité des ports réunis au sein d’Haropa. Cependant, les vracs solides et les conteneurs constituent quant à eux le coeur d’activité des trois ports. D’autres activités comme le trafic roulier ou conventionnel constituent des trafics supplémentaires sur l’axe Seine. Concernant l’activité fluviale, les ports de l’axe Seine cumulent 7.5 millions de tonnes au 1er trimestre 2012, soit une progression de 5% par rapport à la même période de 2011. 

Vracs liquides : Les produits pétroliers s’adaptent au marché

Au terme des trois premiers mois de 2012, le trafic de vracs liquides traité par les ports de la Vallée de la Seine enregistre un recul de 7% à 12.2 millions de tonnes. Approvisionnant quatre grandes raffineries sur la Seine, les ports du Havre et de Rouen forment la première porte d’entrée maritime pour les approvisionnements de la France en pétrole brut. 
Représentant 47% des tonnages de vracs liquides des deux grands ports maritimes sur la période, le pétrole brut a marqué le pas suite à l’arrêt de l’activité de raffinage sur le site de Petroplus à Petit-Couronne en tout début d’année. Il enregistre ainsi un recul de 13% au regard du premier trimestre de 2011 à 5.7 Mt. Néanmoins, Haropa note que les récentes adaptations effectuées par la Raffinerie de Normandie (groupe Total), qui boucle son programme RN 2012, inscrivent dans la durée le site dans le profil de la demande de consommation française. 
Avec un tonnage de 5.1 Mt sur les trois premiers de 2012, les produits raffinés diminuent dans une moindre mesure (- 3%) sur la période pour peser 41% des tonnages de vracs liquides. 
Par contre, les produits chimiques en vrac - qui constituent une activité stratégique pour le développement de la Vallée de la seine, 1er bassin pétrochimique de France - progressent de 11% sur la période avec 800.000 tonnes. 
Les autres vracs liquides (engrais manufacturés, hydrocarbures gazeux et divers autres vracs) voient leur tonnage maritime progresser de 8% avec 700.000 tonnes traitées au 1er trimestre 2012, contre 600.000 tonnes au 1er trimestre 2011. 


Vracs solides : Charbon et agrégats en hausse, céréales en retrait 

Sur le premier trimestre, le trafic maritime de vracs solides du Havre, de Rouen et de Paris est en recul 600.000 tonnes, avec 3 millions de tonnes traitées à fin mars 2012, contre 3.6 Mt sur la même période de 2011, soit une baisse de 17%. Alors que le charbon et les trafics d’agrégats et granulats progressent au 1er trimestre 2012 en comparaison avec celui de 2011, on constate un repli marqué et prévu des tonnages de céréales qui pèsent plus de la moitié des tonnages de vracs solides. Cette diminution représente à elle seule le déficit de 600.000 tonnes enregistré sur le tonnage de vracs solides. 
Premier port européen exportateur de céréales grâce aux installations de Rouen, proches des greniers de la France, Haropa enregistre un tonnage de 1.6 million de tonnes de céréales à fin mars 2012, contre 2.2 Mt au 1er trimestre 2011. L’essentiel de ce recul s’explique par la diminution, prévue, des sorties de céréales, liée en particulier au retour sur le marché depuis le début de la campagne 2011/2012 des pays de la mer Noire et à la forte compétitivité des céréales d’Amérique du sud en ce début d’année 2012. 
Avec 300.000 tonnes traitées sur le 1er trimestre, le trafic de charbon enregistre quant à lui une progression de 20%, étroitement corrélée à la hausse d’activité du terminal de Grand-Couronne, qui a accueilli des navires Capesize avec des cargaisons de plus de 70.000 tonnes. 
Les autres vracs solides représentent 1.1 million de tonnes. Ils sont globalement stables malgré une très belle progression des volumes d’agrégats et granulats traités au cours du 1er trimestre 2012 (0.6 Mt contre 0.4 Mt sur le même trimestre de 2011). 


Conteneurs : Retour de la confiance des clients 

Dans le secteur des conteneurs, le trafic maritime au premier trimestre a enregistré une progression de 27% en tonnages (6.1 millions de tonnes) et de 21% en nombre d’unités (620.000 EVP, Equivalent Vingt Pieds, taille standard du conteneur). 
Haropa constitue le premier ensemble portuaire français pour le trafic de conteneurs grâce aux installations spécialisées du port du Havre (avec 62% du trafic réalisé par les ports français). D’ailleurs, pour ce dernier, le trafic de conteneurs traité progresse sur les trois premiers mois de 2012. Selon Haropa, le retour de la confiance des clients a en effet un impact direct sur les résultats de l’hinterland qui sont très encourageants. Il s’agit du meilleur résultat trimestriel de ces quatre dernières années. 
Les signaux du commerce extérieur national montrent une bonne résistance des échanges de la France en biens conteneurisables avec les pays tiers outre-mer. Les exportations de biens conteneurisables en valeurs (euros constants) à destination de l’outre-mer et les importations à destination des ménages et des entreprises françaises ont surmonté la crise de 2009 et se situent aujourd’hui à un niveau supérieur à 2007. L’autorité portuaire souligne également une reprise sensible des transbordementsau Havre (+78% à 109.000 EVP), considérée comme un témoignage de la confiance retrouvée des armements dans la fiabilité portuaire ; ainsi qu’une activité en progression de 22% sur les lignes Nord-Sud au niveau des installations portuaires de Rouen. 


Passagers : Près de 50.000 passagers croisière et transmanche 

En forte progression par rapport à 2011, le trafic de passagers sur le 1er trimestre 2012 retrouve les bons niveaux de l’année 2010 avec un total de près de 50.000 passagers. Tout en ayant démarré plus tardivement que les années précédentes, la saison croisière a déjà permis d’accueillir 11.000 passagers à l’occasion des cinq escales de paquebots qui se sont déroulées de janvier à mars. Et le mois de mai s’annonce très prometteur avec la venue programmée de 18 navires. Sur l’ensemble de l’année, les escales de paquebots s’annoncent en progression. 
Quant au trafic de passagers ferries ayant emprunté les liaisons transmanche au cours du premier trimestre 2012, il progresse de 40% à plus de 38.000 passagers. Haropa relève une hausse encore plus importante du nombre de véhicules de passagers, qui a atteint 14.100 unités au cours du trimestre, contre 9000 durant la même période de 2011, soit une hausse de 57 %.