publié le : 27-06-2011

Créer un champion européen de la construction ferroviaire, c’est ce que propose Alain Bocquet dans son rapport parlementaire remis à Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, mi-juin 2011.

Durant six mois, une Commission de l’Assemblée nationale a en effet enquêté sur la situation de l’industrie ferroviaire française, troisième mondiale derrière la Chine et l’Allemagne avec un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros par an.

Le rapport produit par ces députés passe en revue 25 recommandations dont sept potentiellement urgentes.


Créer "l’Airbus du rail"

Parmi ces propositions figure notamment la création d’un géant européen de la construction ferroviaire regroupant le constructeur français Alstom et L’Allemand Siemens, pressentis comme "des candidats naturels" pour contrer la concurrence chinoise et nord-américaine.

"À long terme, les constructeurs chinois auront une place de premier rang parmi les constructeurs mondiaux. Bombardier, groupe nord-américain, sera certainement présent lui aussi. Un géant européen – l’Airbus du rail – a du sens", souligne ce rapport.

Les députés proposent de procéder par étapes avec, dans un premier temps, la création d’un équivalent du CERN, l’organisation européenne pour la recherche nucléaire, afin de "mutualiser les capacités d’études des grands groupes". À une échéance plus brève, ils souhaitent aussi, d’ici 2012, la création d’un Fonds de modernisation des équipementiers ferroviaires (FMEF), semblable à celui qui existe dans l’automobile. Il serait abondé à parité par l’État et les groupes Alstom, Bombardier et Siemens pour soutenir les sous-traitants. Les grands constructeurs sont aussi invités à informer "au moins une fois par an" les sous-traitants de l’orientation des marchés.


Les investissements de la SNCF, la gouvernance d’Eurostar

Au sein de ce document de 450 pages, la SNCF est également encouragée à dévoiler au plus tard à l’automne 2011 son programme d’investissements pour le matériel roulant sur les cinq prochaines années. La compagnie Eurostar est priée de revoir rapidement sa gouvernance pour apporter plus de lisibilité à la participation de la SNCF à son capital, notamment après la controverse liée à l’achat de nouveaux trains à Siemens. Les députés disent trouver "regrettable" que la SNCF ne compte que deux représentants (sur 12 membres) au conseil d’administration alors qu’elle détient 55% du capital d’Eurostar.

Dans le domaine du fret, ils souhaitent que soit lancé dès 2011 un programme de constructions de wagons, afin de "sauvegarder le savoir-faire français", et de régénération, alors que l’âge moyen du parc actuel dépasse les 30 ans.