publié le : 27-06-2011

Le tram-train inauguré le 15 juin 2011 effectue la liaison entre Nantes et Clisson dans le vignoble du Muscadet, trois fois par jour (six fois à la rentrée) sur une distance de 30 km effectués en 29 minutes en s’arrêtant – c’est nouveau – à cinq gares intermédiaires. Il remplace aussi plus d’une vingtaine de liaisons TER quotidiennes entre Nantes et les deux premières gares sur la ligne : Saint-Sébastien et Vertou, encore dans l’agglomération nantaise.

"Pour un coût de 2 millions d’euros par jour payés par la région Pays-de-la-Loire à la SNCF, nous espérons une fréquentation très vite en hausse de 3 500 à 4 500 voyageurs par jour", indique François Marendet, directeur des transports de la région. Autre bénéfice, sur cette ligne la plupart des trains régionaux en provenance de la Vendée ne s’arrêteront plus à Clisson ce qui fera gagner 10 minutes aux voyageurs.


Le premier tram-train Alstom

Ce nouveau tram-train est le premier du constructeur français Alstom. Des rames Siemens circulent à Aulnay-Bondy et à Mulhouse. C’est avec ce produit, le Citadis Dualis, qu’Alstom part à la conquête du nouveau marché du transport périurbain, aux abords des grandes agglomérations dans le monde.

Pour commencer, Alstom a 200 rames à livrer dans les prochaines années aux régions Pays-de-la-Loire, Rhône-Alpes et Île-de-France. Un deuxième tram-train Alstom doit entrer en service à Nantes, au printemps 2013, vers Châteaubriant. Ces rames ont pour principales caractéristiques leur légèreté (ce sont des tramways à la base) leur rapidité (100 km/h au lieu de 70 km/h pour un tramway) et leur grande capacité d’accélération et de freinage de manière à enchaîner rapidement les arrêts en stations de banlieue d’agglomération, leur terrain de prédilection.


Conduit par moins de cheminots

Entre Nantes et Clisson, c’est aussi aussi la première fois qu’un tram-train circulera en France au milieu de tous les autres trains : TGV, trains inter-cités, trains régionaux, trains de fret. Ce qui mécontente les cheminots de la CGT. Avec ce nouveau tram-train, la SNCF a pris un pari. "Le coût d’exploitation est réduit de 25% par rapport à celui d’un train régional habituel. Ce qui diminue d’autant notre facture aux régions", promet Claude Solard, directeur SNCF Régions et Intercités.

Le nouveau train fonctionne avec une équipe spécifique d’une vingtaine de personnes (des créations d’emplois) chargées d’assurer la conduite, la maintenance et la vente. Surtout il roule sous les ordres d’une seule personne, le conducteur. "Un conducteur formé sur un seul matériel, sur un seul parcours et tout seul à bord de son véhicule, sans agent de quai pour l’autoriser aux départs, c’est un risque quand ce matériel doit s’insérer sur des voies ouvertes à tous les trafics", dénonce la CGT. Le même système qu’en Île-de-France depuis 25 ans, réplique la SNCF.

À Nantes, à la différence de Mulhouse, cheminots et conducteurs de tramway ne se sont pas entendus pour conduire à tour de rôle le nouveau tram-train. Ce qui n’était pas nécessaire puisqu’il ne roule pour le moment que sur le réseau ferré national. "Pour entrer dans le réseau de tramway, il faudra supprimer les poteaux de caténaires au milieu des voies mais aussi que l’agglomération de Nantes puis que cheminots et traminots le décident", expliquait Jacques Auxiette, président de la région Pays-de-la-Loire, lors de l’inauguration.