publié le : 20-01-2011

« Ne refaisons pas la même erreur. » Les propos sont du directeur d’Orly lui-même. Jeudi soir, lors d’une réunion publique sur le projet d’implantation d’une gare TGV dans le secteur d’Orly, où quatre hypothèses sont en concurrence, Franck Goldnadel a clairement affiché sa préférence : « Il faut qu’elle soit au plus près des aérogares. » Pas question pour le 11e aéroport d’Europe de manquer une nouvelle fois cette chance de se doter d’un transport ferroviaire digne de ce nom. Excepté la ligne Orlyval, un gouffre financier à la pertinence discutable, qui relie le 2e aéroport français au RER B, la plate-forme d’Orly est isolée au milieu d’un nœud routier. Ainsi, l’accès à la plate-forme se fait à 80 % par la route.
Pourtant, quand en 1961 l’aérogare Sud sort de terre, son architecte, Henri Vicariot, prévoit un emplacement pour une future station de métro (voir encadré), qui ne verra jamais le jour. « Cette gare TGV, c’est la promesse d’une rencontre comme il en arrive très peu dans une vie, insiste Pascal Lucciani, employé à la sous-direction du développement durable de la DGAC (Direction générale de l’aviation civile). Quand on a fait six heures de vol, qu’on a des bagages et des enfants, il faut un minimum de rupture de charge. »
Une gare que le directeur d’Orly ne perçoit pas comme une concurrente : « Pour nous, le TGV est une chance. Le client qui veut aller à Strasbourg ou à Lyon prendra le train. Cela libérera de la place pour que de nouvelles compagnies aériennes internationales s’installent. »
Le prolongement de la ligne 14 jusqu’à l’aéroport
En effet, si en 2009 l’aéroport d’Orly a accueilli 25,1 millions de passagers, son développement est freiné par le nombre de mouvements aériens, plafonnés à 220000 par an.
Cette gare souterraine est soutenue par la plupart des acteurs et notamment par la ville d’Orly. « C’est celle qui est la plus pertinente, concède Christine Janodet (divers gauche), à condition que le prolongement de la ligne 14 jusqu’à l’aéroport d’Orly, tel qu’il est prévu dans le projet du Grand Paris, soit accompagné par la création d’une station supplémentaire au niveau de la gare de RER C Pont-de-Rungis. Les populations locales doivent aussi bénéficier des ces nouveaux aménagements. »
Reste une question primordiale : le prix. Selon les estimations du promoteur Réseau ferré de France (RFF), la construction d’une gare TGV sous l’aéroport coûterait 650 millions d’euros. Soit un demi-milliard de plus qu’une réalisation en surface dans les environs de la plate-forme. « Si cette hypothèse est retenue, on va sûrement demander à Aéroports de Paris (NDLR : société qui gère la plate-forme d’Orly) de mettre la main à la poche, prédit une source proche du dossier. L’arrivée d’une gare TGV va fortement valoriser ses infrastructures. Il serait normal qu’elle participe à l’effort financier. » Le débat public doit durer jusqu’en mai.



Voir en ligne : http://www.leparisien.fr/val-de-mar...